Un soir au coeur de l’ Amérique du Sud. L’été s’achève tandis que l’automne s’invite brutalement en pluies diluviennes portées par des vents violents. Assis dehors à l’abri des bananiers, la lumière de ma bougie vacille, il est l’heure d’allumer un Mapacho. Après deux jours de jeûne, je sens que le moment est venu de travailler avec l’Esprit du Tabac, comme cela m’a été enseigné.
Le Tabac est une plante sacrée, naturelle, puissante, inspirante, elle m’apaise. Alors que tant de questions restées en attente de réponses m’animent. J’allume une bougie dans la nuit, un peu comme un phare, une flamme de vie, offerte au lieu et aux Présences invisibles qui m’y accueillent.
Quelle est mon intention? Si seulement je n’en avais qu’une! Il faut choisir. « Dans cette période un peu étrange de ma vie, j’ai du mal à garder le lien avec moi même, à y voir clair dans ma vie, dans mes projets. J’ai besoin d’aide, j’aimerais solliciter l’Esprit de la plante du Tabac ce soir. Si d’autres esprits bienveillants veulent aussi participer, j’accueille toutes les bonnes volontés!»
En général les vingts première minutes de la cérémonie, je calme mes pensées, je me recentre, je me nettoie. J’offre aussi de longues bouffées à la Terre Mère, au Ciel, je prie, et je demande la protection de la Plante le temps cette cérémonie.
Les vingts minutes qui suivent, j’entre en contact avec l’Esprit de la plante, je m’ouvre à elle, je retrouve son goût si singulier, mon corps doit aussi l’accueillir pour que le travail puisse se faire.
Les vingts minutes qui suivent, parfois plus, elle me parle, plus ou moins, chaque cérémonie est unique. Le message qu’il me restera de ce soir est : « Danse avec tes ombres ».

Moi qui aime les mots, les phrases parfois un peu trop longues, je vais devoir travailler avec ce message concis, mais subtile.
Après le travail ne s’arrête pas à la fin de la cérémonie. Pour cette raison j’aime les faire le soir, il n’est pas rare que la nuit qui suit ne m’apporte pas d’autres informations. C’est la Médecine des rêves, une autre Médecine, subtile et profonde elle aussi. Le voyage ne fait que commencer…
Gaël Cotonnec